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    • Réalisé par Tim Burton
    • Avec Johnny Depp, Christina Ricci, Michael Gambon, Christopher Walken
    • Musique de Danny Elfman
    • Sortie française : 9 février 2000
    Sleepy Hollow fut pour moi le film prise-de-conscience-burtonienne.
    Qui n'a jamais entendu parler d'un cavalier sans tête ? Un démon monté sur un étalon noir semant la terreur dans des bois ténébreux d'automne/hiver ? Des adaptations ont vu le jour déjà (mais elles datent de 1950 et sont "Made In Disney") ainsi que des variantes (un épisode de la série animée Hé Arnold! reprenait le thème mais en version plus light avec un épisode intitulé "le cocher sans tête") mais la seule version que je retiendrai à jamais dans mon esprit, c'est sans nulle doute celle de Tim Burton.
    La légende du Cavalier sans Tête est à la base un conte de Washington Irving, une légende urbaine en quelque sorte qui date de la fin du XVIIIème siècle (au temps de la révolution française  mais aussi de l'indépendance américaine) destinée à dissuader les enfants d'aller se ballader dans les bois le soir venu. Enfin, je suppose, je ne pourrai certifier tous mes dires mais ça fait genre que je suis un mec cultivé alors je continue. De toute façon, vous avez aucune preuve pour prouver que je suis une grosse merde (et toc!).
    Comme déjà dit plus haut, Sleepy Hollow m'a fait prendre conscience que j'étais fan de Tim Burton avant même de savoir qui était Tim Burton. Son nom m'évoquait ainsi Batman, Batman Returns, Edward Scissorhands, Beetlejuice, Mars Attacks!, un nom flou mais que je connaissais malgré tout et que je n'avais jamais oublié. D'ailleurs, maintenant, il m'est impossible d'oublier ce nom tant je l'ai gravé dans ma cervelle de cinéphile débutant (je n'ai pas la prétention de me proclamer cinéphile accompli, mon expérience relevant du domaine amateur).
    Ce fut aussi l'occasion de découvrir Danny Elfman, un nom que j'avais souvent retrouvé, un nom qui m'évoquait Tim Burton indirectement, un nom aussi bizarre que le travail qu'il a accompli. E-L-F-M-A-N... Comment oublier un nom pareil ?
    Reprenons avec Sleepy Hollow. Avant tout, ce n'est pas un film d'horreur. J'entends encore les ignorants : "J'ai pas aimé Sleepy Hollow parce que j'ai pas eu peur!!" Oula, jeune irrespectueux, tu n'as pas vu le bon film!! Va voir Souviens-toi l'été dernier et laisse-moi avec mon cavalier sans tête!!
    Sleepy Hollow, c'est avant tout un hommage aux films d'épouvante avec Vincent Price que Tim Burton regardait étant petit. Un film d'épouvante n'est pas un film d'horreur. Un film d'épouvante, c'est un peu comme un drame fantastique particulièrement sombre mais qui ne fait pas vraiment peur. Un film d'horreur, c'est un film qui vos fait sursauter grâce à une caméra instable qui vous fait un zoom sans prévenir sur quelque chose que vous vous attendiez pas à voir.
    Sleepy Hollow, c'est donc un film d'épouvante, un drame fantastique bien ficelé servi par une ambiance magnifique. Ces arbres, ces forêts... Techniquement, Sleepy Hollow est le film le plus abouti de Tim Burton. Au revoir les maquettes miniatures, place à celles grandeur nature (ex.: le Village entier!! Le Moulin, les Bois du Ponant...)!! Ces maquettes sont les stars du film, plus que les acteurs eux-même qui ne semblent que des fantômes perdus sur une scène de théâtre (la réalisation est à ce titre très théâtrale). Bien sûr, certains personnages sortent du lot dont Johnny Deep (pitié les fans, pas de gloussements intempestifs), un vrai caméléon, un acteur au registre infini qui jongle avec tous les personnages qui existent. Il me fait penser à un Gary Oldman. Johnny Depp joue le rôle de Ichabod Crane, un policier contre les méthodes moyen-âgeuses de son époque (1799) et pour une approche scientifique des crimes avec les autopsies et autres analyses chimiques. Ichabod Crane est quelqu'un de rationnel, un intello craintif qui tente comme il peut de paraître courageux aux yeux de gens qui ne le connaissent pas. Un intello surtout qui fait semblant de s'y connaître alors qu'il est tout aussi perdu qu'un grain de sable dans des flocons d'avoine. Un intello qiui tremble, un intello qui se met derrière quelqu'un dès qu'il peut (prendre le jeune Masbath comme bouclier humain par exemple!!), Ichabod Crane est un anti-héros comme on en retrouve assez souvent dans les films de Burton. Son histoire est dévoilée grâce à des flash-backs, une méthode simple et efficace utilisée avant dans Edward Scissorhands et après dans Charlie And The Chocolate Factory.
    Le reste du casting n'a pas à rougir : Michael Gambon (Harry Potter 3 et 4, Gosford Park), Miranda Richardson (Harry Potter 4), Richard Griffiths (Harry Potter 1, 2 et 3, Greystoke) [Il y a beaucoup d'acteurs qui ont fini dans Harry Potter, vous ne trouvez pas?], Michael Gough (Batman 1, 2, 3 et 4), Jeffrey Jones (Beetlejuice), Ian McDermind (Star Wars II et III), Christina Ricci (La Famille Adams 1 et 2, Casper), Casper Van Dien (Starship Troopers) et CHRISTOPHER WALKEN (Batman 2, Attrape-Moi Si Tu Peux)!!!!!!!!
    Christopher Walken... Rien que ce nom me fait frémir... L'acteur est le Cavalier sans Tête en question quand il avait encore sa tête (vous avez compris?), une tête pâle aux cheveux noirs aux yeux clairs (je veux ces lentilles de contact!!!!!!) et aux dents pointus (je veux ce dentier!!!!!).
    Mais Mr Walken ne sait pas monter un cheval, ce qui s'avère embêtant pour le rôle d'un cavalier. Heureusement, la technologie et le rôle en question lui facilitent la tâche. Ainsi, il monte parfois un animatronic et d'autres fois, ce n'est pas lui qu'on voit à l'écran (si on enlève la tête, c'est facile de remplacer après).
    Les têtes tranchées font également partie de l'esthétisme du film. Ainsi, elles sont très réalistes, soignées jusqu'au moindre détail de tel ou tel point noir. La fidélité est saisissante. D'ailleurs, un modèle a déclaré avoir eu un frisson quand le type des effets spéciaux s'est ramené avec sa tête dans la main.
    Ah... L'ambiance du film... Après un Batman Returns en noir et bleu (Black & Blue...), Sleepy Hollow est un film en noir et blanc. Non, rassurez-vous, ce n'est pas le noir et blanc des films de Chaplin ou de Ed Wood. Seulement le ciel est tellement gris, les ombres tellement accentuées, les visages tellement pâles en ce début d'hiver que les couleurs vives ne sont guère de mise dans ce monde magnifiquement beau et triste. Seul une flamme brise la règle de ces couleurs ternes en ramenant un semblant de lumière colorée. Les visages apparaissent alors moches, les teints sont blafards, presque jaunes... Et c'est là qu'on préfère les scènes extérieures, rythmées par des éclairs très kitschs apparaissant toutes les dix secondes sans pour autant perturber l'oeil du spectateur. L'apogée de ce facteur météorologique est atteinte lors d'une course poursuite en calèche sous fond de violons rapides, secs, mi-graves mi-aigus. Sans ces éclairs, on se sent plongé dans le noir, c'est dire si c'est important, les éclairs...
    Une autre couleur qui ressort, c'est le sang. Bizarrement, on flaire le sang faux, on sait que la consistance du liquide rouge n'est pas loin du bâton de cire qu'on fait fondre pour cacheter la lettre du début (une des premières images du film), cet aspect cire fondue reflète le caractère gluant du sang mais aussi son côté coagulant. Trouvaille donc ingénieuse que ce sang-cire mais dont la couleur jure horriblement avec le vrai sang. Mais on n'y fait guère attention car, comme déjà dit plus haut, les couleurs ne sont pas vraiment à l'honneur dans Sleepy Hollow. On pourrait, pour illustrer l'idée avec un autre exemple, citer Sin City où le noir et blanc est véritable et où la couleur est rare et pas toujours appropriée (sang jaune, sang argenté...).
    L'autre aspect du film ressort aussi dans la forêt, 100% studio, contrairement au village reconstitué entièrement en extérieur en Angleterre. Mais quelle forêt!! Une forêt digne de Burton!! Les arbres sont tordus, monstrueux, presque vivants, les feuilles mortes jonchant le sol ne risqueraient-elles pas de s'ouvrir sur un gouffre sans fin dissimulé là par un quelconque chasseur distrait ? Le spectacle est ainsi de toute beauté. Les couleurs ternes réapparaissent encore ici, le ciel est toujours aussi gris et brumeux, nous cachant des branches qui n'attendent qu'un moment d'inattention pour nous crever les yeux... Epouvante, tu nous saisis... Mais le film en lui-même ne fait pas vraiment peur. Ce qui à la limite peut effrayer, c'est tant de beauté dans tant de cruauté, à l'image de la musique de Danny Elfman.
    La partition du compositeur est sublime, les choeurs sont souvent utilisés et Mr Elfman n'a pas peur de s'autoplagier : des violons dignes de Catwoman, des choeurs dignes d'Edward, et encore mieux,un son cristallin annonciateur du futur!! En effet, dans le générique de fin, on pourra reconnaître une mesure qui apparaitra dans la bande originale du 1er Spider-Man, de Sam Raimi.
    Au final, magnifique film qu'est Sleepy Hollow!! Burton a su mettre à profit la technologie mise à sa disposition, Elfman évolue également dans une bonne direction (qu'il quittera plus tard avec La Planète des Singes et Big Fish). Mais 1999, c'est aussi l'époque où Burton devient une référence, et, un peu comme Spielberg, la sortie d'un de ses films devient un évènement (pensons récemment à Charlie et la Chocolaterie), encore plus quand il s'agit d'un conte pour enfants ("La Légende du Cavalier sans Tête", c'est un peu "Le Chaperon Rouge" des Américains). A voir absolument : on aime ou on déteste. Pour ma part, j'adore, et j'espère qu'il en sera de même pour vous)
     
    • NOTE DU FILM : 4.5/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 5/5

    Sleepy Hollow
    © 2008