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LE SILENCE DES AGNEAUX
______________________________________ HANNIBAL
Voilà dix ans que le terrifiant Hannibal Lecter s'est échappé. Ce dernier a changé de nom et habite maintenant à Florence, en Italie. Mason Verger, un milliardaire défiguré par le psychopathe, rumine sa vengeance et fait appel à l'agent du FBI Clarice Starling pour le retrouver... Hannibal fut considéré à sa sortie comme une suite indigne au Silence des Agneaux. On a ainsi reproché au film de Ridley Scott un scénario basique et des scènes inutilement difficiles et violentes, propres à ramener les adolescents en manque de sensations fortes. Mais au-delà de cet aspect purement comparatif, le film se révèle être un excellent policier à l'ambiance soignée et à la distribution, quoiqu'on en dise, luxueuse. Si Jodie Foster ne reprend pas le rôle de miss-FBI-rousse, Julianne Moore lui succède honorablement en conférant à son personnage un côté plus sombre et mature. Gary Oldman continue quant à lui son jeu de masques en interprétant un milliardaire défiguré plus vrai que nature. Ray Liotta ne fait, quant à lui, que cabotiner. Enfin, Anthony Hopkins reprend avec brio le rôle qui marquera sa carrière. Tout comme Le Silence des Agneaux et Dragon Rouge, Hannibal est une adaptation du roman éponyme de Thomas Harris et constitue la dernière oeuvre, chronologiquement parlant, mettant en scène Hannibal le cannibale. Amusant, d'ailleurs, de constater que, si dans le roman, Hannibal subit une opération de chirurgie esthétique, c'est finalement l'agent Clarice Starling qui, dans le film, n'a plus la même tête. Car il était bien sûr hors de question de choisir quelqu'un d'autre pour jouer le grand Hannibal Lecter (sauf si on relate sa jeunesse...cf. Hannibal Lecter : les origines du mal). Si on doit retenir une chose de Hannibal by Ridley Scott, c'est peut-être sa violence trop souvent exhibée, réservant le film à un public averti, et surtout ramenant injustement le statut du célèbre psychopathe à un vulgaire tueur de films d'horreur... Tout est trop souvent prétexte à une violence extrême : l'assaut du FBI au début, les sangliers carnivores, le meurtre de l'inspecteur italien, les monstrueuses apparitions de Mason Verger, la dégustation de cerveau... Autant de scènes sanglantes parfois injustifiées qui fait perdre l'essentiel de l'oeuvre aux spectateurs : la relation ambigue entre Clarice et Hannibal. Cependant, Hannibal constitue un thriller d'excellente facture, techniquement maîtrisé et musicalement raffiné, mais aussi ponctué de scènes gores parfois trop pesantes... En bref, une oeuvre à l'image du célèbre criminel. NOTE DU FILM : 3.5/5 ________________________________________ HANNIBAL LECTER : LES ORIGINES DU MAL
La mode a été lancée avec la seconde trilogie Star Wars, relatant comment Anakin Skywalker a basculé du côté obscur. De nos jours, si un personnage emblématique du cinéma n'a pas eu son film préambule racontant comment et pourquoi il est devenu ce qu'il est, dites-vous que cela ne va pas tarder! L'exorciste, Massacre à la tronçonneuse et même Batman et James Bond y sont passés. Alors pourquoi pas le plus célèbre des psychopathes, j'ai nommé le terrifiant Hannibal Lecter? En 1944, la famille Lecter quitte son château en Europe de l'Est pour échapper aux Nazis. Elle se réfugie dans un chalet en forêt. Parmi eux se trouvent les deux rejetons Lecter : Hannibal et Mischa... Star de pas moins de quatre films et de quatres livres, le psychopathe cannibale créé par Thomas Harris a enfin droit à sa propre histoire. L'occasion de revenir sur le destin du criminel fictif le plus passionnant de l'histoire du cinéma, interprété par Anthony Hopkins qui signe là le rôle le plus marquant de toute sa carrière. Mais pour relater le passé du personnage, et donc sa jeunesse, reprendre Anthony Hopkins aurait été peu crédible! Même le numérique n'aurait pas pu lui rendre l'apparence de ses vingt ans. Il fallait donc trouver un nouveau visage pour le docteur Lecter, et ce rôle échoue au Français Gaspard Ulliel, héros du récent Jacquou Le Croquant et personnage secondaire de quelques films comme Un Long Dimanche De Fiançailles. Les pires craintes se sont alors exprimées : Gaspard Ulliel est trop "beau gosse" pour interpréter le cannibale. Et en quoi le visage fin et allongé du jeune Ulliel ressemble à la bouille rondouillarde de Anthony Hopkins? Au final, le film fait assez peu parler de lui à sa sortie, tout comme l'autre préambule, Massacre à la tronçonneuse : le commencement sorti vers la même période. Cependant, Hannibal Lecter : les origines du mal (on préférera le titre original, Hannibal Rising : plus court et plus efficace) est-il un navet? Le long-métrage, adapté du nouveau roman de Thomas Harris, est-il un véritable échec? Quoiqu'il en soit, ce n'est pas le succès du film au box-office qui témoigne de sa qualité (le film culte Fight Club s'est réellement fait connaître grâce au DVD), et force est d'avouer que cette présentation du personnage d'Hannibal possède d'indéniables qualités, à défaut de se réduire à une banale histoire de vengeance (comme en témoigne la phrase d'accroche figurant sur l'affiche : "It started with revenge"). Tout comme Batman Begins, on assistera à la petite enfance dramatique du jeune héros que l'on nous présente alors comme le petit enfant encore innocent. L'univers baigne dans la sobriété, la réalisation est on ne peut plus correcte et on appréciera les décors épurés de la France d'après-guerre, notamment les ruelles dallées dans la nuit. On ne notera rien d'autre de spécial, si ce n'est parfois un dépouillement trop important de certains lieux. Mais si on commence à s'attacher à ce genre de détail, autant aller chercher un grain de sucre sur une plage de sable! Le scénario, signé Thomas Harris, est peut-être ce qu'il y a de plus décevant. Comme déjà dit plus haut, l'écrivain se cantonne seulement à la vengeance d'Hannibal et le film zappe trop rapidement des éléments qui auraient pu être intéressants comme notamment l'avance rapide de huit ans où on quitte le Hannibal d'une dizaine d'années pour le retrouver directement en adolescent perturbé victime de brutales poussées de violence, sans assister progressivement à sa descente aux enfers (ce qui est bien dommage). On ne peut alors s'empêcher de se sentir trompé par la marchandise : on nous promet les origines du mal et on atterrit directement au mal lui-même sans savoir d'où il est venu. Et si l'on se doute déjà comment se sont passées les années d'Hannibal à l'orphelinat, quelques scènes supplémentaires n'auraient pas été de trop. Autre point noir du film : la femme de l'oncle décédé d'Hannibal d'origine chinoise qui lui apprend l'art de manier le sabre. Cet élément n'est pas sans rappeler l'apprentissage du jeune Bruce Wayne dans Batman Begins et apparaît ici comme particulièrement inconvenu (imaginez le vieux Hannibal joué par Anthony Hopkins se la jouer samouraï, ça dénature le personnage). De même que le clin d'oeil au Silence des Agneaux où Hannibal essaie un masque, ressemblant à s'y méprendre à la "muselière" qu'on lui imposera lors de ses déplacements, est purement inutile et aurait dû seulement figurer au montage de la bande-annonce plutôt que d'orner tous les posters promos, d'autant plus que ce fameux masque n'apparaît, en tout et pour tout, qu'une vingtaine de secondes dans tout le film. Mais quel aurait été le meilleur moyen d'attirer l'attention du spectateur moyen si ce n'est cette "muselière" devenue le symbole légendaire de Hannibal Lecter et que seul Anthony Hopkins saurait porter sans être ridicule? Car Gaspard Ulliel fait tâche avec ce masque... Mais soyons franc : le jeune Français se dépatouille pas mal, et il arrive avec ses yeux à retranscrire la folie criminelle qui l'anime sans décrédibiliser son personnage. A noter également qu'il porte merveilleusement bien la blouse blanche (comprendre par là qu'il est vraiment inquiétant). On retrouve également d'autres caractéristiques du personnage comme son talent de dessinateur ainsi que l'assurance et le calme dont il fait preuve quand il discute avec ses futures victimes, les captivant elles et le spectateur, hypnotisés par cet être en apparence respectable, mais intérieurement proche du démon. A ce titre, les scènes de meurtres restent elles aussi très sobres ; pas de sang inutile, les attaques sont rapides et on ne s'attarde pas longuement (contrairement au Hannibal de Ridley Scott) sur les tripes exhibées. Bien sûr, les mauvaises langues auront vite fait de descendre ces scènes, quelques-unes relevant du pur sadisme, mais sans tomber dans la surenchère, ce qui permet également de dire que Hannibal Rising n'est pas le film gore pour ados en manque de sensations (il faudra aller voir Massacre à la tronçonneuse : le commencement pour ça). Tout ça pour dire qu'en dépit des idées reçues, cet opus sur la jeunesse de Hannibal Lecter reste un film correct dont on ne reprochera qu'un scénario trop limité. Gaspard Ulliel est convaincant, et si cette introduction n'est pas particulièrement originale, et encore moins mémorable, elle arrive quand même à nous donner envie de connaître la suite. Car ne nous leurrons pas : Thomas Harris a encore des choses à dire sur son personnage. Et il se n'en privera sûrement pas à l'avenir. Concernant Hannibal Rising, c'est correct, mais ça manque de coffre. NOTE DU FILM : 2/5 |
| Saga Hannibal Lecter |
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