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Depuis leur sortie en 2000, Les Sims a révolutionné à sa manière les jeux de gestion et a connu un succès précédent, se hissant ainsi au premier rang des ventes mondiales. Les développeurs de Maxis ont largement contribué à ce succès en profitant du support PC, notamment grâce à la sortie en chaîne de disques additionnels, permettant de relancer l'intérêt des plus sceptiques en élargissant le plaisir de jeu. Durant cinq ans a-t-on pu voir apparaître pas moins de six add-ons qui, au début, partaient d'un bon sentiment (Ca vous change la vie offrait pas mal de nouveaux objets sympathiques) mais n'ont pu s'empêcher à la longue de tomber dans le superficiel (Abracadabra permet à vos Sims de se la jouer Harry Potter) et le désir de se remplir les poches. Nul doute que c'est de ce même désir que sont nés les projets de porter Les Sims sur console et de sortir une suite officielle, et non pas un énième disque additionnel. Les Sims 2 sort quatre ans et demi plus tard, et la première question que les puristes du premier épisode auraient pu se poser était sûrement : que vont-ils encore inventer? Car outre l'appât du gain, Maxis a quand même livré une suite digne du premier épisode, qui, contrairement à ce dernier, ne surfe plus sur la surprise mais bien sur l'approfondissement de cet univers archi-connu et très souvent évoqué qu'est la banlieue gentillette à la Desperate Housewives. On retrouve à cette occasion tout ce qui avait fait le charme de l'original, c'est-à-dire cette ambiance de publicité pour engrais, ce petit monde naïf où tout est beau, joyeux et coloré, et soumis au contrôle du possesseur de la souris et du clavier. Difficile de ne pas résister à se lancer dans cette aventure dont certains auront du mal à décrocher tant on trouvera toujours quelque chose à retoucher (l'éternel "après ça, je m'arrête") : créer son Sim, lui construire et lui aménager sa maison, le faire vivre (amour, amitié, boulot)... Un nouveau genre de gestion était né : la simulation de vie, que certains tenteront de copier honteusement sans jamais atteindre la profondeur de l'original (l'horrible Singles, pseudo-jeu officiel de Loft Story). Mais en tant que simulation de vie, il était fort dommage que les Sims, dans le jeu original, ne vieillissent pas et donc ne meurent pas. Une vie restait ainsi indéfiniment figée, et même si toute sorte d'évènements pouvaient survenir, l'enjeu de la survie ne trouvait pas réellement de fondement, si ce n'est la satisfaction personnelle du joueur perpétuellement insatisfait. Les Sims 2 change à bien des égards à ce niveau-là et instaure ici la notion de temps. Autrefois, il s'agissait juste de l'heure (dont le décompte a souvent été considéré comme trop rapide : 3h pour sortir les poubelles, par exemple), maintenant il s'agit des semaines, avec tout ce que ça engage : jours de congés, week-end pour les enfants... Les enfants ont là aussi bénéficié d'un nouveau traitement. Au revoir les petits Sims éternellement gamins dont la vie consiste à perpétuellement aller à l'école tous les jours! Ils grandissent, deviennent des ados incontrôlables et à vous de faire en sorte que leur vie se passe bien! On appréciera également le petit plus des anniversaires ainsi que de nouvelles intéractions plus réalistes (les Sims peuvent faire crac-crac, tomber enceintes, etc...). Le principe des Sims 2 peut alors se vanter d'être cette fois le simulateur de vie ultime grâce au vieillissement des Sims. L'âge se compte alors en jours, et on distingue cinq périodes de la vie : nourrisson, bambin, ado, adulte, senior. On retrouve alors en version "light" tous les ingrédients d'une vie bien remplie : un bébé turbulent qu'il faut changer tout le temps, un enfant qui ne fait pas ses devoirs, un ado prêt à faire le mur pour sortir, etc... De quoi relancer l'intérêt pour les jeunes Sims qui, on le répète, ne faisaient qu'autrefois de la figuration. Là réside l'innovation majeure des Sims 2, à savoir ce principe de la vie plus réaliste. Le reste du jeu n'a après cela guère changé. On retrouve toujours nos petits quartiers qui se comptent au nombre de trois au début et offrent pas loin d'une trentaine de foyers (vous pouvez créer d'autres foyers mais vous allez rapidement vous lasser). Pour faire simple, tout a été revu avec une échelle plus élevé. Cela s'en ressent notamment dans la création d'un Sim. Outre le traditionnel sexe et couleur de peau a-t-on la possibilité de retoucher plus précisément un visage : pommettes larges, petit front, double menton, gros yeux, oreilles décollées... Autant de détails permettant de créer des Sims tous foncièrement différents, à partir du moment où ils n'ont pas de progéniture. Car Les Sims 2 regorge de petits détails savoureux dont le plus illustratif étant peut-être la ressemblance entre un petit Sim et ses parents (en gros, la transmission des gènes). Un autre petit plus est bien sûr l'attente d'un bébé : votre Sim est enceinte, avec tout ce que ça engage (congé de maternité, vomissement, mauvaise humeur). En ce qui concerne les autres modes de jeux, ils sont restés les mêmes : on meuble et on construit ses maisons de la même manière, ce qui ne déstabilisera pas les fans les plus ardus! Le mode vie reste en lui-même identique, et seuls quelques petits rajouts font la différence comme l'aspiration d'un Sim, à savoir ses objectifs dans la vie, que l'on définit dès sa création : être populaire, être riche, trouver le grand amour, tout savoir sur tout, fonder une famille, vivre pour le plaisir... Un projet de vie mené à bien grâce aux désirs et aux craintes, sorte de petites missions qui changent tout le temps où un Sim en quête d'amour doit faire de nouvelles connaissances pour être heureux ou un autre en quête d'argent et de luxe doit s'acheter des objets très chers. Sympathique mais rien de transcendant. Outre toutes ses évolutions, le jeu a subi un sérieux lifting! Le temps de la 3D isométrique étant révolu, bienvenue à la vraie 3D ainsi qu'à un contrôle total de la caméra, avec tout ce que ça entraîne, notamment avec un zoom assez impressionnant faisant profiter au maximum de la qualité graphique du jeu. Les Sims notamment bénéficient d'un grand nombre d'expressions faciales (toujours cette attention aux détails) et le graphisme global est très agréable à l'oeil, mis à part qu'il faudra posséder un ordinateur puissant pour en profiter un maximum. Encore une réussite! Enfin, l'univers sonore est lui aussi très soigné comme à son habitude, et si on accusera quelques musiques trop légères, on reste toujours sous le charme de ce petit univers naïf. Pour conclure, Les Sims 2 est une suite digne du premier volet. La recette est la même mais en mieux. On reprochera juste le fait que les add-ons du premier n'aient pas tous été inclus dans ce second épisode. Et c'est reparti pour une sortie en chaîne de disques additionnels propres à se graisser le porte-monnaie!
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| Les Sims 2 |
| © 2008 |