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    1. The Story Continues
    2.  Frank Dies
    3. The Quidditch World Cup
    4. The Dark Mark
    5. Foreign Visitors Arrive
    6. The Goblet Of Fire
    7. Rita Skeeter
    8. Sirius Fire
    9. Harry Sees Dragons
    10. Golden Egg
    11. Neville's Waltz
    12. Harry In Winter
    13. Potter Waltz
    14. Underwater Secrets
    15. The Black Lake
    16. Hogwart's March
    17. The Maze
    18. Voldemort
    19. Death Of Cedric
    20. Another Year Ends
    21. Hogwart's Hymn
    22. Do The Hippogriff
    23. This Is The Night
    24. Magic Works

     

    C'est avec une certaine anxiété que l'on a appris le remplacement de John Williams par Patrick Doyle pour le quatrième épisode de la saga Harry Potter. En effet, qui pourrait remplacer le dinosaure de la musique de films, à qui l'on doit la plupart des thèmes mémorables du cinéma tels que Star Wars ou Indiana Jones? Et pourtant, Patrick Doyle, compositeur britannique qui collabora de nombreuses fois avec Mike Newell (le réalisateur de ce quatrième opus) et Kenneth Branagh (qui joua le professeur Gilderoy Lockhart dans le deuxième opus), ne s'en sort pas si mal. Bien sûr, on n'a pu empêcher les vrais fans de John Williams de descendre la musique de Harry Potter 4 sous prétexte d'une écriture musicale peu inventive, ne reprenant aucun des thèmes instaurés par Williams lui-même dans les précédents films, et entraînant du coup un manque de cohésion dans la saga. Cet argument de manque de cohésion est cependant peu recevable car force est de constater que le changement même de réalisateur ne peut qu'entraîner une vision différente à chaque film ; on ne peut que penser aux changements radicaux de décors dans Harry Potter 3 de Alfonso Cùaron, ce qui n'était pas en faveur de l'unicité de la série mais jouait fortement sur la nouvelle ambiance dont on ne peut que reconnaître l'efficacité.

    En bref, si on change le réalisateur, pourquoi ne pas en faire autant pour le compositeur? Non pas que le travail accompli soit médiocre, loin de là même, mais il faut parfois faire des sacrifices. Donc, revenons tranquillement à cet album.

    En quelques mots, la musique de Patrick Doyle change radicalement de celle de Williams. Comme déjà dit plus haut, les thèmes principaux ne sont quasiment jamais repris, à part le Hedwig's Theme que l'on entend en tout et pour tout que deux fois dans tout le CD (pistes 1 et 5) et quatre fois dans le film (cinq si on compte le menu du DVD, mais là, on chipote). John Williams a le chic pour faire des musiques qu'on a du mal à oublier (on fredonne toujours un petit air en sortant du cinéma), il faut avouer que Patrick Doyle, lui, n'y arrive pas vraiment. En effet, l'écoute de la musique de Williams seule se suffit à elle-même : on écoute la musique pour la musique. Au contraire, celle de Doyle se rapproche plus d'une musique d'ambiance. On notera le nouveau thème de Voldemort, assez récurrent à vrai dire (pistes 2, 6, 8, 9 et 18) et de loin le plus mémorable du film par sa noirceur et sa maturité. The Story Continues est le morceau qui rend le plus compte de cette idée avec vingt secondes de marche ténébreuse, rythmée et guerrière et vingt autres secondes pour le Hedwig's Theme qui apparaît ici violent, tranchant et très bref...On n'est pas là pour rigoler!

    Mais la maturité ne s'exprime pas seulement avec la noirceur mais aussi la touche romantique que Doyle apporte aux morceaux qui tournent autour du Bal de Noël. On a pu le constater dans une autre de ses oeuvres, Mary Shelley's Frankenstein, Patrick Doyle maîtrise l'écriture romantique. Que cela soit dans Neville's Waltz, Potter Waltz ou Harry In Winter, on assiste à un grand moment de musique classique. Neville's Waltz et Potter Waltz sont de belles pièces dansantes alors queHarry In Winter est une splendide ballade mélancolique. Dans un autre style, Death Of Cedric  (un titre peu approprié pour ceux qui n'ont pas lu ou vu l'histoire) est une déchirante pièce où les violons pleurent les notes les plus aigus qui soient. On déplorera cependant que la musique entendue durant le film ne soit pas intégralement présente sur le CD. En effet, où est passé le début du générique de fin Hogwart's Hymn où l'on entend pour la dernière fois un Hedwig's Theme enjoué et plus mature que jamais? Où est passé la musique ludique lors des frasques de Maugrey Fol Oeil lorsqu'il fait danser une araignée ou transforme un élève en fouine? Où est passée la présentation mystérieuse de la Coupe de Feu? Autant de petits oublis qui énervent quand on regarde le film et qu'on se demande "Pourquoi cette mélodie n'apparaît pas dans le CD?".

    Si le Hedwig's Theme n'est plus à la mode dans Harry Potter And The Goblet Of Fire, ce n'est pas non plus une absence complète de thème pour Harry. Et ce thème se manifeste surtout pour illustrer le statut de quatrième champion de Harry dans le Tournoi des Trois Sorciers. Patrick Doyle compose alors pour chacune des trois tâches des pièces d'action rythmées par un motif majestueux très axé sur les cuivres. Que cela soit le morceau de bravoureGolden Egg , le profond Black Lake ou encore l'effrayant Maze, le nouveau thème de Harry ne fait que renforcer son statut de jeune héros qui subit les conséquences d'un monde aux règles immuables.

    Alors que le film se conclut sur un générique plein d'espoir (Hogwart's Hymn), le CD a pour dernières pistes des musiques rock de Jarvis Cocker, ce qui transforme le Bal de Noël rythmé par de la musique classique en un bal de promo endiablé où les élèves (et les professeurs) se lâchent complètement. En ce qui concerne les autres morceaux tels que Hogwart's March  (une marche entièrement jouée à la trompette), on a juste droit à une reprise un peu plus grossière de Hogwart's Hymn.

    Harry Potter 4 se démarque des autres livres de la saga par son tournant beaucoup plus sombre, il était donc logique que la musique fasse de même. Même si John Williams aurait sans doute accompli un excellent travail comme à son habitude, on ne peut que féliciter Patrick Doyle qui a su reprendre le flambeau et livrer une oeuvre plus que correcte grâce à une écriture certes plus classique mais qui sied admirablement bien aux tourments sentimentaux de nos jeunes héros.

    Bonne chance au prochain compositeur qui va reprendre la musique de la saga, il s'appelle Nicholas Hooper, il n'est pas encore très connu mais s'il a bien travaillé, tout va changer!

     

    HARRY POTTER

    et la Coupe de Feu

     

    • Réalisé par Mike Newell
    • Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Brendan Gleeson, Michael Gambon
    • Musique de Patrick Doyle
    • Sortie française : 30 novembre 2005

    Harry Potter et la Coupe de Feu représentait sûrement le pari le plus risqué en ce qui concernait l'adaptation du pavé de 800 pages sur grand écran. Les rumeurs ont circulé, Warner aurait voulu couper le film en deux parties, Warner aurait voulu faire le film en 2h30 (des pétitions auraient circulé pour éviter le charcutage du 4ème opus), etc... Bref, on était en droit d'avoir un petit peu peur en ce qui concerne l'épisode considéré encore à ce jour comme le plus riche et le plus palpitant des six livres (en attendant le 7ème, mais là encore, il n'y a plus grand chose à attendre, J.K. Rowling doit à coup sûr elle-même raccourcir son oeuvre pour faciliter l'adaptation). De plus, depuis Le prisonnier d'Azkaban (qui instaurait un monde beaucoup plus sombre), on attendait avec impatience une progression dans l'horreur et la violence entr'aperçue auparavant. Résultat?

    Harry Potter assiste à la Coupe du Monde de Quidditch avec ses amis quand l'évènement est perturbé par l'arrivée des Mangemorts, les partisans de Voldemort. De retour à l'école, le jeune sorcier apprend que Poudlard va accueillir le Tournoi des Trois Sorciers dans lequel s'affrontent trois élèves venant d'écoles de différentes nationalités choisis par l'a Coupe de Feu.

    Mike Newell n'a pas su mettre en place un monde aussi riche que celui de Cùaron mais il réussit à surpasser les paresseux films de Columbus grâce à un scénario habile charcuté comme il faut, gardant l'essentiel pour faire progresser la saga. Mais Newell a aussi une autre qualité : il est arrivé à faire ressortir l'ambiance des écoles anglaises (lui-même en ayant fait une, à souligner qu'au passage, il est le premier Britannique à réaliser Harry Potter...Il était temps!) et présente des adolescents en pleine puberté qui s'insultent et connaissent leurs premiers émois amoureux (Ron qui passe son temps à mater le derrière des élèves françaises). L'interprétation est enfin à la hauteur. Daniel Radcliffe livre un jeu qui, sans être extraordinaire, le rend enfin crédible. Rupert Grint arrête de grimacer et joue un Ron mal dans sa peau plus convaincant. Emma Watson gagne en sympathie et se révèle tout à fait charmante (lors du Bal de Noël, entre autre, mais elle était déjà très jolie dans Le prisonnier d'Azkaban).

    Les nouveaux venus ne sont pas en reste et cela sera sûrement Brendan Gleeson qui l'emportera avec le rôle du nouveau professeur de défense contre les forces du mal, Maugrey Fol Oeil, une sorte de vétéran paranoïaque plein de cicatrices aux méthodes expéditives. Quant aux autres personnages, ils sont peu évoqués, car l'intrigue se concentre plus sur Harry (l'emploi de la caméra subjective renforce cette impression). Il y a bien sûr Ralph Fiennes (Voldemort) qui est à mentionner et qui est physiquement parfait pour le rôle même s'il a tendance à légèrement cabotiner en jouant un sadique trop excité (dans le livre, il est censé être calme et posé), ainsi que Miranda Richardson (la journaliste Rita Skeeter) au rôle très réduit mais fidèle au personnage décrit dans le pavé de J.K. Rowling.

    Bizarrement, c'est au niveau des anciens que l'on déplorera un manque de présence. Alan Rickman (Severus Rogue) est très limité, Maggie Smith (Minerva McGonagall) reste fidèle à elle-même mais Michael Gambon (Albus Dumbledore) rate son objectif. L'acteur a déclaré n'avoir jamais lu le livre et ça se voit. Son personnage est censé être légèrement fou, mais dans le sens farfelu et facétieux, et non pas excité hyperactif qui empoigne violemment Harry. Pour ceux n'ayant pas lu le livre, ça passe, mais pour les autres, cela constitue une erreur à la limite de l'impardonnable. Mais on chipote un peu... Le film a d'autres qualités. Les frères Weasley par exemple ont enfin la possibilité d'exprimer leur potentiel comique.

    Grâce à un scénario se consacrant surtout au personnage de Harry et au Tournoi des Trois Sorciers, on est en droit d'attendre du spectaculaire. La dimension héroïque de Harry est ici clairement exposée grâce à un combat contre un dragon sur les tourelles du château, une course sous-marine contre la montre et l'épreuve effrayante d'un labyrinthe vivant. Heureusement, notre héros peut souffler avec le Bal de Noël, une cérémonie mondaine prétexte à l'agitation hormonale des élèves et des premières déceptions amoureuses.

    Mike Newell ne fait que renforcer le sombre tournant emprunté depuis le troisième épisode de Alfonso Cùaron. Bilan positif pour Harry Potter et la Coupe de Feu, un pari d'adapter 800 pages en 2h30 sans perdre le spectateur réussi haut la main.

    BANDE-ANNONCE

    • NOTE DU FILM : 3.5/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 3.5/5
    Harry Potter 4
    © 2008