|
HARRY POTTER et la Chambre des Secrets
"On prend les mêmes et on recommence!" telle serait la devise des grands pontes de la Warner avant de mettre en chantier le deuxième film Harry Potter et la Chambre des Secrets. Tout semble jouer contre Harry Potter pour l'empêcher de retourner à Poudlard. Entre un elfe qui fait tout pour le séquestrer chez son oncle, le passage bloqué pour accéder au train qui amène à l'école et une voiture volante sabotée qui s'écrase contre un arbre particulièrement agressif, le jeune sorcier n'a pas fini d'en voir lors de sa deuxième année, marquée par l'ouverture de la Chambre des Secrets, libérant un monstre qui rôde dans l'école et qui s'attaque aux enfants ayant des origines non magiques. On peut être heureux sur le fait que la plupart des erreurs que l'on a pu trouver dans le premier film ont été corrigées. Hélas, c'est loin d'être suffisant, et si Chris Columbus semble enfin avoir réveillé sa caméra, les jeunes acteurs, bien que légèrement plus à l'aise dans leurs rôles, restent encore médiocres. Les effets visuels s'avèrent enfin irréprochables, même si l'incrustation est encore un peu voyante. Le gros reproche revient encore au scénario, même si cette fois, le scénariste Steve Kloves semble s'être mis dans la tête qu'il ne va pas pouvoir garder tous les éléments du livre. Encore qu'il est dommage que certains passages, qui auraient bien rendus à l'écran, tel que l'anniversaire de Nick Quasi-Sans-Tête (joué par John Cleese), soient complètement zappés, alors que d'autres, complètement inutiles à l'intrigue principale, sont étirés comme un élastique prêt à céder. L'intrigue, comme dans le premier film, est vraiment passionnante sur le papier, mais pourquoi? Pourquoi?! POURQUOI??!!! est-elle donc super chiante à l'écran? Certaines révélations auraient dûes être mises en valeur (tel que le rôle de Mimi Geignarde). Dans tous les cas, l'univers s'assombrit. On est toujours dans l'introduction de la saga, mais il est incontestable que l'univers s'assombrit. Beaucoup de scènes se passent la nuit, et on ressent presque la paranoïa qui s'empare des élèves dès qu'ils apprennent qu'un monstre rôde dans les couloirs. Mais là, on cherche des puces sur un crâne rasé.
Harry Potter et la Chambre des Secrets se démarque de Harry Potter à l'école des sorciers par une seule chose : ses scènes d'action. Enfin, on frissonne. Enfin, on est époustouflé. Que cela soit l'aventure en voiture volante, la poursuite en balai dans les fondations du stade de quidditch ou la course contre les araignée, sans oublier le combat final dans la Chambre des Secrets, le spectacle est de toute beauté. On rit aussi, et c'est surtout grâce au personnage de Kenneth Branagh (acteur et réalisateur de Mary Shelley's Frankenstein), qui, bien que peu élaboré et très prévisible, est un des ressorts comiques principaux du film. On rira aussi de la tête de Rupert Grint qui joue Ronald Weasley et qui passe son temps à faire la grimace du peureux, ce qui est peut-être sympa au début mais très vite chiant au bout de deux heures.
Reste que, quoiqu'il en soit, l'ensemble n'est pas du tout crédible. Le premier Harry Potter ne l'était pas, le second ne l'est pas non plus. Principalement la faute à une interprétation des jeunes acteurs toujours aussi pitoyable et à un doublage qui ne s'est pas non plus amélioré (à part quelques voix qui ont mué). Les scènes d'action, déjà évoquées, sont plus spectaculaires mais gagnent leur crédibilité uniquement grâce à des effets spéciaux mieux maîtrisés (le match de quidditch est plus rythmé). On admirera quand même le travail sur l'elfe de maison Dobby, sorte de Gollum made in Disney, qui est de loin un personnage plus convaincant que Daniel Radcliffe lui-même. On oubliera l'espèce de plumeau peinturluré que représente le phénix Fumseck et les petits auront peur du monstre final, assez beau en soit, mais qui ressemble plus à un Godzilla sans pattes qu'à un vrai serpent.
En conclusion, Harry Potter 2 est sensiblement similaire au premier, mais en un petit mieux quand même. Bien que cela reste du très très moyen, les plus jeunes et les fans ardus du livre apprécieront. Encore une chose : John Williams, le compositeur, s'est surpassé pour nous livrer des thèmes musicaux nombreux et inspirés pour chaque situation et personnages.
|
| Harry Potter 2 |
| © 2008 |