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    • Réalisé par Roland Emmerich
    • Avec Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo, Hank Azaria
    • Musique de David Arnold 
    • Sortie française : 16 septembre 1998

    Roland Emmerich fait partie avec Michael Bay des réalisateurs spécialisés dans les blockbusters. Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu'est un blockbuster, il suffit de citer Independance Day (1996), Armagueddon (1997), The Island (2005) ou encore Pirates des Caraïbes (2003) et la définition ira de pair! De manière plus générale, il s'agit des films à gros spectacle, sûrs de leur succès.

    Fort des succès du patriotique Independance Day ou encore de Stargate (sorte de mélange entre Star Wars et La Momie), Roland Emmerich se relance dans le spectaculaire avec le dantesque Godzilla, le dragon géant légendaire qui fit le beau jour des films de monstres japonais de série Z (Godzilla contre King Kong, faut le faire!). Mais le film de Emmerich traite de la bébête avec un souci de réalisme certain.

    En Polynésie Française, des essais nucléaires ont lieu. Quelques années plus tard, un scientifique spécialisé dans les conséquences des radiations sur les animaux est réquisitionné pour étudier le cas d'un lézard géant qui, après avoir détruit quelques bateaux dans le Pacifique, a élu domicile à New York où il sème comme par hasard la panique complète.

    Roland Emmerich n'a pas souvent fait de films qui ont brillé par leur scénario (souvent basique) ou leurs personnages (plus stéréotypés, tu meurs) mais par leurs effets spéciaux et le quota de spectaculaire. Il est sûr que ce type de production ne marquera pas les annales du cinéma mais qu'importe! Le public demande de l'action, il aura de l'action, et tant pis si c'est bien con! Après tout, c'est si bon! Cependant, la différence entre une Momie et un Godzilla, c'est que si le premier ne se prend jamais au sérieux et assume complètement son ridicule, le deuxième ne se prive pas de mettre en évidence la gravité de la situation, qui s'avère être la plupart du temps "Le monde (= les Etats-Unis) est en danger!". Si on pouvait reprocher à Emmerich de faire des films pro-américains, ce dernier s'est bien rattrapé avec Le Jour d'Après , qui casse tous les stéréotypes de la grosse production (le journaliste courageux devient le journaliste trop passionné par son métier qui se fait écraser comme un insecte contre une porte métallique emportée par une tornade). Le cas de Godzilla reste cependant la grosse production primaire, au budget énorme dilapidé dans la promo et les effets spéciaux, qui, heureusement, sont plus qu'à la hauteur.

    Les points faibles du film? Il y en a un tas. Déjà évoqués auparavant : le scénario et les personnages. La palme revient au personnage de Jean Reno, un agent secret français. Alors attention!! Les Français vus par les Américains, c'est du pur délire!  On a dans 80% des cas notre prénom qui commence par Jean (Jean-Claude, Jean-Luc...), les Français aux Etats-Unis s'étonnent de ne pas avoir de croissants ou de bon café, et j'en passe... Dans le Mars Attacks! de Tim Burton (parodie de Independance Day), les Français passaient pour des gens passant leur temps à faire des compromis : c'est rigolo, tout le monde en prend plein la gueule (les Américains en premier) et on assume. Mais dans Godzilla, qui se veut sérieux, ça passe mal. Il manquerait plus que Jean Reno porte un béret sur la tête, une baguette de pain sous le bras et un collier avec la Tour Eiffel en miniature autour du cou, et on obtient le pompon. De même que les Japonais ne passent pas leur temps à manger des nouilles devant un combat de sumo!

    Encore que là, on ne pouvait pas s'étonner. Godzilla est la grosse production où un bon cerveau durant le visionnage est un cerveau débranché. Mais là où le bât blesse, c'est dans les effets spéciaux. Oui, ils sont beaux! Oui, les maquettes ne sont pas si voyantes! Mais pourquoi Godzilla et ses bébés font plus penser aux T-rex et vélociraptors de Jurassic Park qu'à des iguanes géants? Peter Jackson a au moins eu la bonne idée de faire, dans son King Kong, des dinosaures personnels au design de bandes dessinés, ce qui permettait d'éviter une comparaison gênante (surtout quand c'est au boulot de Spielberg que le sien est comparé). Reste qu'on s'éclate. Chaque pas de Godzilla fait trembler l'écran, les bébés sont convaincants mais il est dommage que la réalisation, bien que très correcte, ne mette pas mieux en valeur les petits (le gros bénéficie des ficelles de base, à savoir qu'on ne le voit que par morceau : une fois la queue, une fois les pattes, une fois une empreinte...). La poursuite finale reste de loin la meilleure scène d'action, même si la façon dont elle est amenée est douteuse (on voit en beaucoup, des gens qui démarre une voiture en introduisant un couteau à la place de la clé de contact) et que certains passages (le coup des phares éblouissants) sont complètement ridicules. La conclusion sur le pont reste cependant une merveille visuelle : Godzilla est enfin vu en entier (ouf! Au bout de deux heures, fallait oser!), et la musique remplie de choeurs de David Arnold arrive à nous faire franchement aimer la bête et avoir pitié d'elle (après tout, c'est juste un animal un peu gros).

    Le bilan est mitigé pour ce film. Les effets spéciaux sont spectaculaires, mais il n'y a rien d'autre à sauver. On s'amuse bien quand même.

    NOTE DU FILM : 2/5

    Godzilla
    © 2008