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    1. Introduction
    2. Storytime
    3. Castle on the Hill
    4. Beautiful New World/Home Sweet Home
    5. The Cookie Factory
    6. Ballet de Suburbia
    7. Ice Dance
    8. Etiquette Lesson
    9. Edward the Barber
    10. Esmeralda
    11. Death!
    12. The Tide Turns
    13. The Final Confrontation
    14. Farewell
    15. The Grand Finale
    16. The End
    17. With These Hands

    Avec Edward Scissorhands, nul doute que le compositeur Danny Elfman signe là sa plus belle musique. Le thème de Edward est devenu culte avec les années, et il servit également de fond musical pour une publicité du parfum Chanel n°5 avec un Chaperon Rouge et un grand méchant loup. 

    Il faut dire que, à la façon des chansons Disney, la musique pourrait presque être considérée comme une actrice à part entière dans le film de Tim Burton. D'une beauté magnifique et d'une légèreté absolue, pas d'étonnement pour le succès de cette BO qui conquiert encore et toujours les coeurs. Danny Elfman use de choeurs, de violons, de cuivres comme un fou furieux! En témoigne les morceaux moqueurs de la banlieue avec ses échos de cirque.

    Il y a tant de choses à dire sur ce CD que l'on pourrait écrire des pages et des pages sans réussir à à illustrer ce chef-d'oeuvre musical, à écouter aussi bien avec que sans le film. Incontournable, Edward Scissorhands est une sorte de rite initiatique pour apprécier tout le travail de Danny Elfman.

     

    Edward aux mains d'argent

    • Réalisé par Tim Burton
    • Avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne West, Vincent Price, Anthony Michael Hall
    • Musique de Danny Elfman 
    • Sortie française : 10 avril 1991

    Considéré à juste titre comme le meilleur film de Tim Burton par bon nombre de ses fans, qui permit entre autres de faire connaître au grand public l'acteur Johnny Depp (qui fit néanmoins des apparitions dans des films tels que Platoon ou Les Griffes de la Nuit), Edward aux mains d'argent, de son titre original Edward Scissorhands, s'est rapidement imposé depuis sa sortie en 1990 comme un chef-d'oeuvre en puissance.

    Ce fut également l'occasion pour Tim Burton de se libérer un petit peu des producteurs à qui il fit très plaisir grâce à son Batman sorti un an auparavant qui rapporta un Oscar (pour les décors...mais c'est quand même bien!). Et c'est ainsi que le cinéaste de Burbank (Tim Burton est né à Burbank, Californie) a pu déverser bon nombre d'éléments de son passé dans Edward Scissorhands. Car il faut savoir qu'en plus d'être une réflexion sur la différence et la tolérance (un thème aujourd'hui récurrent dans un Burton) ainsi qu'une réactualisation et un mixage de nombreux contes et autres mythes, Edward aux mains d'argent est une véritable critique des Américains moyens banlieusards dans leur quartier résidentiel.

    Comment ne pas rire devant une telle palette de personnages caricaturaux plus occupés à faire le bonheur de leur pelouse bien tondue plutôt que celui de leurs voisins dont les ennuis ne font qu'alimenter les ragots qui leur permettent de sortir d'une routine meurtrière? L'univers se veut parfait et accueillant, les couleurs sont châtoyantes, les maisons sont aussi bien vertes que mauves ainsi que les tenues vestimentaires des femmes au foyer qui passent leur vie à épier derrière leurs fenêtres. Edward aux mains d'argent serait-il l'australopithèque de l'excellente série Desperate Housewives? Mais là où la série en question échoue légèrement, autrement dit dans son acidité qu'on perd au fil des dix premiers épisodes, la satire de Edward Scissorhands s'assume jusqu'au bout, les habitants de la banlieue, malgré les évènements survenus, reprendront leur petite vie comme si de rien n'était. Tim Burton a souvent répété qu'il avait grandi dans ce genre d'atmosphère et qu'il s'y ennuyait profondément. Il n'est pas difficile de retrouver dans le pauvre Edward le jeune Tim Burton évoluant au sein d'une société qui ne le comprend pas. A noter l'étrange ressemblance entre Burton et son héros (même coiffure). Afin de bien marquer l'opposition, Edward apparaît presque en noir et blanc face aux habitants toujours vêtus de rouge, de bleu, de jaune et d'orange. Mais Edward n'est techniquement pas un humain. C'est la création d'un vieil inventeur décédé avant d'achever son travail. Les retours en arrière sont à ce titre les passages les plus émouvants du film, débutant par la solitude de l'inventeur dans une scène ô combien touchante et désespérée quand ce dernier admire ses machines en rêvant qu'elles sont humaines (scène mémorable où l'inventeur regarde simultanément un gâteau en forme de coeur et un automate sans vie). On assiste ainsi à la création d'Edward que son père spirituel s'efforce d'éduquer en lui donnant des émotions et des règles de savoir-vivre. Mais Edward reste un grand enfant et c'est avec une larme à l'oeil qu'on assiste à la mort de l'inventeur, interprété par Vincent Price (un des acteurs préférés de Tim Burton), alors que ce dernier ne finit pas l'homme à qui il a donné la vie. Edward part alors avec un sérieux handicap : ses mains sont des lames de ciseaux longues de 40cm!! Découvert par une des habitantes de la banlieue, l'homme aux ciseaux fait son arrivée dans le monde du bas, ayant jusque là résidé dans l'immense château isolé sur la colline.

    C'est là que les mythes et les contes se mélangent. Le savant qui donne la vie fait furieusement penser à Frankenstein. De même que la romance impossible entre Edward et Kim (sublime Winona Ryder) peut faire écho à Roméo et Juliette ou à la Belle et la Bête. N'oublions pas non plus la dimension biblique avec un envoyé de là-haut désirant apporter bonheur aux hommes et finalement rejeté par eux. Bref, c'est bel et bien un conte qui va nous être narré et le début du film où une grand-mère raconte à sa petite fille une histoire pour s'endormir ne fait que renforcer ce sentiment.

    Edward est avant tout quelqu'un qui ne veut que le bonheur des autres. On pense qu'il n'a aucune notion du bien et du mal mais cela n'est pas tout à fait vrai : c'est quelqu'un (qui n'est déjà techniquement pas humain donc ça commence mal!) qui a une profonde notion de l'altruisme. Mais c'est aussi un adolescent, et l'amour qu'il éprouve pour la jolie Kim (Winona Ryder qui était à l'époque la petite amie de Johnny Depp et qui encore aujourd'hui doit faire des jalouses) le perturbe, pas facile de séduire avec des lames en guise de doigts (c'est sûr qu'il ne pourra jamais les emballer en leur jouant un morceau de guitare) et encore moins quand un grand blondinet baraque (Anthony Michael Hall, star de la série Dead Zone) est jaloux comme un boeuf (si, si, il ressemble bel et bien à un boeuf). Mais Edward devient vite la star de la banlieue, adulée par tous pour ses talents artistiques (jardinier et coiffeur), mais à rapide ascension, grande dépression assurée!! Car dès le moment où il est à tort arrêté et presque violé, c'est la descente aux enfers et Edward se rend compte que le monde se sert de lui. A ce titre, la scène où il griffe les murs de la salle de bain tout en se regardant dans le miroir est sans doute la scène la plus triste et violente pour une telle prise de conscience. C'est avec la seule déclaration de Kim que ce dernier pourra retourner d'où il vient pour finir sa vie (s'il meurt un jour), offrant en prime un joli conte sur la raison pour laquelle il neige.

    Un autre point du film mérite également d'être abordé. Car en plus d'être une oeuvre visuellement magnifique grâce à l'esthétisme tordue si chère au réalisateur, le travail soigné sur les couleurs châtoyantes et cruelles de la banlieue et du noir et blanc sensible de l'apparence d'Edward en est un parfait exemple, on retiendra Edward aux mains d'argent pour sa musique. Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton, livre ici un chef-d'oeuvre musical, si ce n'est tout simplement pas la meilleure bande originale de film de tous les temps. Porté par des choeurs sublimes, chaque morceau est d'une beauté absolue, lorgnant du côté d'une musique de cirque pour illustrer l'aspect superficiel et ridicule de la banlieue américaine formatée. Mais c'est véritablement avec le générique d'ouverture (Introduction (Titles)) et la danse de Kim sous les flocons (Ice Dance) que l'on se rend compte d'une telle magnificence musicale. Je défie quiconque de ne pas se souvenir de cette musique après avoir vu le film, ne serait-ce même si cela date de plusieurs années.

    A noter que cette musique a été reprise dans deux publicités pour le parfum CHANEL N°5 avec une jeune fille habillée en rouge qui, après s'être parfumée et avoir dompté un loup, s'en va sous la neige en direction d'une Tour Eiffel dorée.

    Tim Burton livre ici un conte moderne, une histoire visuellement maîtrisée portée par une musique magnifique et inoubliable (merci Mr Elfman), Edward Aux Mains d'Argent est sans conteste un des meilleurs films du trio gagnant Burton/Depp/Elfman qui générera d'autres petits chef-d'oeuvre tel que Sleepy Hollow (1999) et Charlie et la chocolaterie (2005).

    • NOTE DU FILM : 5/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 5/5

    Edward Scissorhands
    © 2008