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    1. Birth of a Penguin
    2. The Lair, Part I 
    3. The Lair, Part II
    4. Selina Transforms, Part I
    5. Selina Transforms, Part II
    6. The Cemetary
    7. Cat Suite
    8. Batman vs. The Circus
    9. The Rise And Fall From Grace, Part I 
    10. The Rise And Fall From Grace, Part II 
    11. Sore Spots
    12. Rooftops
    13. Wild Ride
    14. The Children's Hour
    15. The Final Confrontation
    16. Penguin Army
    17. Selina's Electrocution
    18. The Finale
    19. End Credits
    20. Face To Face

     

    BATMAN, LE DEFI

    • Réalisé par Tim Burton
    • Avec Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito, Christopher Walken
    • Musique de Danny Elfman
    • Sortie française : 15 juillet 1992

    Quelques années auparavant, un couple bourgeois, les Cobblepot, abandonnent leur enfant, monstrueusement laid, en le jetant dans les égoûts... Trente-trois ans plus, Gotham City se prépare à fêter Noël. Le riche business-man Max Schreck désirerait installer une centrale électrique en ville mais le Maire s'y oppose farouchement. Lors d'un discours de Schreck, une bande de clowns armés viennent mettre le bordel, l'occasion pour Batman de prouver qu'il sert encore à quelque chose...

    Jamais ô grand jamais l'auteur de ces lignes n'aura assez parlé de son film culte! Batman Returns ou la production hollywoodienne tant attendue...complètement inattendue! Batman Returns marque, jusqu'à ce jour, l'apogée de la carrière de Tim Burton, qui, deux ans auparavant, livra pour la 20th Century Fox le plus beau conte moderne Edward aux Mains d'Argent. Les producteurs de la Warner, satisfaits de l'argent que le premier Batman avait rapporté en 1989, mettent en chantier la suite et demandent donc à Tim Burton et Michael Keaton de prendre du service. Or le réalisateur est au premier abord peu motivé par ce projet, et c'est seulement après que les producteurs aient promis de lui laisser le champ libre sur ses désirs artistiques qu'il acceptera : "On vous laissera faire cette fois un vrai film Burtonien." Mais ce problème fut loin d'être le seul car le choix des nouveaux personnages fut sujet de débats et autres disputes, à commencer par le désir de la Warner d'inclure le personnage de Robin (il y avait déjà eu une tentative pour l'inclure dans le premier film mais l'équipe jugeait que c'était trop tôt). Tim Burton, considérant ce personnage comme complètement inutile et n'ayant pas sa place dans son univers refusa catégoriquement. On continue la liste des imprévus avec le personnage de Catwoman qui n'aurait pas dû être à la base interprété par Michelle Pfeiffer mais par Annette Bening (American Beauty). Malheureusement, cette dernière tomba enceinte quelques semaines avant le début du tournage et...tout le monde connaît la suite! Michelle Pfeiffer deviendra alors comme LA Catwoman du cinéma, même si Batman Returns ne la prend pas comme le seul personnage principal (Qui a parlé de Halle Berry dans le même rôle dans un film de Pitof? Pas moi en tout cas, et je veux pas en savoir plus...). Amusant quand on sait que Kim Basinger a eu le rôle de Vicki Vale dans le premier Batman uniquement parce que Sean Young, qui devait à la base remplir ce contrat, fit une mauvaise chute à cheval. Le rôle de la Batman-Girl est-il maudit?

    Mais Batman Returns ne connaît pas le succès attendu. On attendait le film familial de l'été et on se retrouve devant l'antithèse complète! Pourtant, la promotion battait son plein, les produits dérivés se vendaient... Mais ce fut une grossière erreur pour les fabricants de jouets, car ces derniers n'ont pas demandé si Batman Returns était un film pour enfants. Et à première vue, non. Abandon, meurtres de sang-froid, allusions sexuelles... Le premier Batman était déjà très sombre, Batman Returns ne fait que suivre la route déjà tracée par son aîné. Les scènes diurnes sont peu nombreuses et semblent tournées en studio, on ne voit jamais le soleil et la ville de Gotham City apparaît comme une gigantesque mais magnifique cité glauque et industrielle noircie par la pollution, constamment plongée dans les ténèbres. Les bâtiments sont d'un gris triste de carton, à peine décorés pour Noël par une neige sale et noircie. Le tout baigne dans la lueur bleutée d'une lune sauvage abandonnée dans un ciel caché par les vapeurs noirs des usines. On entre directement dans cet univers avec une introduction magistralement mise en musique par la piste Birth Of A Penguin de Danny Elfman, une musique folle, triste, audacieuse et magnifique qui accompagne la scène de la naissance d'un enfant au physique monstrueux abandonné dans des égoûts (le trajet du berceau fera écho à celui du jeune Moïse) et recueilli par les pingouins du zoo de la ville. Vous vous croyez toujours dans un film pour enfants?

    Le pire reste à venir avec le personnage de Selina Kyle, une secrétaire coincée exploitée par son patron Max Schreck qui sera responsable de sa métamorphose en Catwoman, un passage douloureux tant bien pour la principale concernée que pour les spectateurs, sorte de parabole sur la transition de la petite fille qui devient une jeune femme qui s'affirme. On peut à ce titre noter que Catwoman relève presque du fantasme : toute de cuir vêtue, elle manie le fouet et est très souple... Bref, les sado-masos ne seront peut-être pas les seuls intéressés. Les relations entre Batman et elle sont d'ailleurs ambigues (Batman semble presque avoir pris du plaisir à se faire griffer quand il retire la griffe accrochée sur son costume), à l'image de celles entre Bruce Wayne et Selina Kyle (lors du bal masqué, ils seront les seuls à être venus sans costume). Tim Burton se fiche de la fidélité par rapport au comic-book (Catwoman est censée être une simple voleuse) et rend le personnage avide de vengeance.

    L'histoire originale est plus ou moins respectée avec le Pingouin (Danny DeVito est impressionnant) mais là aussi, le personnage est plus dans la finesse. Sa laideur le fait passer pour un animal, et c'est seulement à partir du moment où il aura connaissance de son nom que la population le considérera comme un être humain. Cela évoque fortement Elephant Man de David Lynch ; pour renforcer cette impression, la célèbre phrase "Je ne suis pas un animal, je suis un homme" verra sa signification renversée lorsque le Pingouin retournera dans les égoûts et refusera qu'on l'appelle par le nom que ses parents lui avaient donné.

    Seulement, le véritable méchant de l'histoire est le business-man Max Shreck (dont le nom provient de "Schreck" qui, en allemand, signifie "effroi"). Il tue sa secrétaire et utilise le Pingouin pour arriver à construire sa fameuse centrale électrique. On aura connaissance de ses méfaits lorsqu'au début du film, après l'avoir enlevé, le Pingouin lui énonce ses autres crimes (cette scène est tout à la fois comique et macabre). Pour l'anecdote, il était prévu que Max Shreck soit, à la base, le frère caché du Pingouin. Mais cet élément aurait trop alourdi le film (qui peut se vanter d'être plutôt bien développé pour un film de superhéros).

    Enfin, le seul personnage dont on n'a presque rien à foutre, c'est Batman lui-même. Plus effacé que jamais, il n'est là que pour sauver la mise, et sa seule présence prétexte au moins une scène d'action (il faut bien remplir le cahier des charges). On ne peut alors que féliciter Tim Burton, qui a plus préféré développer les méchants que le héros. Et dans le fond, il a eu raison, car, après le premier film, que pouvait-on dire de plus sur le personnage Batman/Bruce Wayne?

    A voir de toute urgence!

    Résumé détaillé du film

    BANDE-ANNONCE

    • NOTE DU FILM : 5/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 5/5


    Batman Returns
    © 2008