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    1. Main Titles & Fanfare
    2. Perpetuum Mobile
    3. The Perils of Gotham
    4. Chase Noir
    5. Fledermausmarschmusik
    6. Nygma Variations (An Ode to Science)
    7. Victory
    8. Descent
    9. The Pull of Regret
    10. Mouth to Mouth Nocturne
    11. Gotham City Boogie
    12. Under The Top
    13. Mr.E's Dance Car (Rhumba, Foxtrot, Waltz & Tango)
    14. Two-Face Three Step
    15. Chase Blanc
    16. Spank Me! Overture
    17. Holy Rusted Metal
    18. Batterdammerung

     

    Considéré comme le début d'une déchéance complète dans la saga Batman qui annonça le désastreux Batman & Robin, Batman Forever ne sera jamais à la hauteur des films de Burton. Joel Schumacher (non! ce n'est pas le frère de Michael!), le réalisateur de ces troisième et quatrième épisodes, a eu toutes les raisons du monde de se faire huer, et ce n'est pas peu mérité. Encore que, si un point positif peut être relevé en ce qui concerne ce Batman 3, c'est sans doute que, même si Danny Elfman n'a pas composé la musique, son remplaçant, dans un tout autre registre, s'en tire plus que bien. Elliot Goldenthal se réapproprie l'univers musical de Batman et en fait une bande originale inventive, moderne et rigolote. Car il faut le dire, à la première écoute, on ne peut nier que Goldenthal a bien déliré sur son écriture.

    On peut dire au revoir au thème sombre de Elfman et on ne peut que saluer celui de Goldenthal, une marche majestueuse et enjouée très vite introduite dans le Main Titles & Fanfare, le thème très réccurent dans le reste de l'album. Batman n'apparaît alors pas comme un héros torturé mais bien comme un superhéros. Musicalement ça en jette, mais dans le film, ça se jette...à la poubelle! Mais si on continue comme ça, on va partir dans l'avis cinéma, et on est ici pour parler de la musique! Comme déjà dit plus haut, Batman Forever est un film moyen (moyen-bon ou moyen-mauvais selon les goûts) mais dont la musique vaut la peine d'être entendue. Goldenthal a beaucoup privilégié l'action (Perpetuum Mobile) mais son écriture sait être romantique et agréablement caricaturale. Notamment en ce qui concerne le thème de Chase Meridian (sublime Nicole Kidman encore peu connue à l'époque et donc cantonnée au rôle de la cruche blonde en mal d'amour). Chase Noir, qui se fait entendre lorsque Chase tente de séduire Batman, est une très belle pièce à tendance jazzy, rappelant l'ambiance des films noirs à l'ancienne (à ce propos, est-ce un hasard si Nicole Kidman a la même coiffure que Veronica Lake, la femme fatale des années 30?). Ce même thème est repris dans le très mondain Mr.E's Dance Car (Rhumba, Foxtrot, Waltz & Tango) qui sert de fond sonore à un cocktail. Encore une fois, on retrouve une pointe de jazz mais cette fois plus affirmée et plus délirante, ainsi qu'un tango où le thème de Chase est repris avec des violons tragicomiques. 

    En ce qui concerne les autres thèmes principaux, on retrouve celui de Double-Face (Tommy Lee Jones qu'on a connu plus en forme et qui se prend pour un personnage de dessin animé) dans Victory et Two-Face Three Step. Cette dernière piste montre bien le côté complètement déjanté de Goldenthal qui passe des percussions tintantes à des basses burlesques sans crier gare, ce qui procure un rythme certes rapide mais légèrement fatiguant. Le thème de Edward Nygma (Jim Carrey qui joue son rôle de fou habituel) est quant à lui peu présent et bien peu marquant. Seule la piste Nygma Variations peut se vanter d'être complètement vouée au personnage dont la folie est évoquée par une mélodie rappelant la musique évoquant l'arrivée des OVNIs dans les vieux films des années 50 et dans une moindre mesure le Mars Attacks! de Tim Burton. Le thème de Robin (Chris O'Donnell, qu'on a envie de baffer tant son personnage n'apporte rien) est dans la même veine que celui de Batman, c'est-à-dire une marche également majestueuse mais plus sombre et sautillante, comme pour évoquer le côté débutant du jeune héros qui, dans le film, rêve de tuer Double-Face.

     

    BATMAN FOREVER

    • Réalisé par Joel Schumacher
    • Avec Val Kilmer, Tommy Lee Jones, Jim Carrey, Nicole Kidman, Chris O'Donnell
    • Musique de Elliot Goldenthal
    • Sortie française : 19 juillet 1995

    Ce fut le choc...Fort du succès (cependant mitigé) de Batman Returns, la Warner Bros met en chantier un Batman 3. Mais cette fois, on bannit Tim Burton qui est allé trop loin dans le côté sombre du Dark Knight. Pour cet épisode, la Warner remplace le grand Tim Burton par le plus-que-moyen Joel Schumacher. De même que Michael Keaton laisse la place à Val Kilmer. Le résultat? Un film qui se veut fidèle au dessin animé Batman de l'époque engendré justement par le Batman de Burton. La boucle est bouclée. Batman Forever sera pour les enfants essentiellement. Le but : se faire de l'argent sur les produits dérivés. Que cela soit la Batmobile aux néons bleus ou les multiples autres déclinaisons des figurines, Batman Forever se présente avant tout comme un projet 100% commercial, un long-métrage à mi-chemin entre le dessin animé et le jeu vidéo. Jugez-en plutôt avec ce synopsis digne du jeu Mortal Kombat :

    Batman va affronter Double-Face et l'Homme-Mystère, une super alliance dont le but est de transformer les citoyens de Gotham City en zombies grâce à une antenne spéciale qui, fixée sur la télévision, vole l'esprit des gens pour enrichir celui de l'Homme-Mystère. En même temps, Bruce Wayne, toujours hanté par le souvenir de ses parents, est séduit par sa psy, le docteur Chase Meridian, et recueille un jeune orphelin dont les parents ont été tués par Double-Face et qui deviendra Robin.

    Cela semble quand même drôle, non? En tout cas, rien qu'avec ça, ne cherchez pas le scénario! Ne songez même pas à comparer Batman Forever à Batman et Batman Returns. On a ici affaire à un profond désir de changer de style.

    Premier changement : le visuel. Les films de Burton étaient sombres, se passant la plupart du temps la nuit dans une ville plongée dans le noir et blanc (ou noir et bleu). Bref, c'était froid, glauque, sombre...Ca fonctionnait bien! Joel Schumacher arrive et là, Gotham City devient, tenez-nous bien, une boîte de nuit! Des flux de partout, des bâtiments éclairés par des lumières violettes, jaunes, vertes, bleues, rouges... Mais que se passe-t-il, nom de nom?!! Soyons cependant clair : c'est loin d'être moche. Bon, ça frise l'overdose et la crise d'épilepsie, mais le reproche à faire, c'est pourquoi avoir fait tout ça? On était content avec le Gotham sans couleurs. Bref, toutes ces couleurs, ça choque! On appréciera quand même le petit travail fait dessus. Le générique nous le dit déjà avec le nom des acteurs principaux : chaque personnage aura sa couleur flash attitrée. Le bleu nuit pour Batman, le violet pour Double-Face, le vert pour l'Homme-Mystère, l'orange pour Chase Meridian et le rouge pour Robin.

    Puisqu'on est dans le visuel, restons-y! Les effets spéciaux sont réussis (signés John Dykstra, responsable aussi de ceux de Spider-Man) mais même quand ça paraît crédible, cela ne veut pas dire que ça l'est forcément (vous saisissez l'idée?). En bref, les effets spéciaux n'ont aucune raison d'être. La réalisation de Schumacher est très très moyenne. Caméra plate, parfois penchée, mais rien d'extraordinaire. Les scènes d'action sont confuses et sentent le studio à plein nez. Seules les scènes intimistes sont réussies, et c'est encore loin d'être aussi gothique que le flash-back dans le premier Batman.

    Encore que des fois, des bons acteurs peuvent sauver un film qui techniquement n'est pas si super. Val Kilmer a toujours été un acteur très correct, mais son Batman/Bruce Wayne est aussi épais que du papier hygiénique. Tommy Lee Jones, qui joue Double-Face/Harvey Dent, loupe complètement son personnage torturé et schyzophrène, et sert un Joker dénué de poésie. Jim Carrey, interprétant l'Homme-Mystère/Edward Nygma, reste fidèle à lui-même : des grimaces, des cris, des mimes...mais il loupe lui aussi son personnage en voulant également se la jouer Joker (mais n'est pas Jack Nicholson qui veut). Nicole Kidman, pas aussi reconnue à l'époque, est la jolie blonde à sauver : personnage basique sans saveur mais au décolleté savoureux, bien que cela ne fera jamais l'effet de la Kim Basinger du premier Batman ou encore la provocatrice Michelle Pfeiffer de l'épisode précédent. Chris O'Donnell, alias Robin/Dick Grayson, aurait pu être dans une série américaine du genre Beverly Hills, il en a le physique, le physique du "j'ai 31ans mais je joue le rôle d'un mec de 17", son personnage est à baffer, ne sert pas à l'histoire et illustre le retour de la pression des producteurs sur le film (à la base, la Warner voulait que Burton fasse apparaître Robin dansBatman Returns mais ce dernier a refusé pour plusieurs raisons dont trop de personnages et surtout le jeune accolyte de Batman ne sert selon lui à rien!).

    Dans un casting comme ça, on espère sauver quelque chose, mais c'est râpé. Seul le marjordome Alfred (Michael Gough), seul rescapé avec le commissaire Gordon des deux premiers films, s'en sort honorablement mais se demande quand même ce qu'il fout dans une telle débâcle. Quoiqu'il en soit, ce genre de films plaira aux plus jeunes. Batman Forever est un pseudo-dessin animé qui n'a pas encore trop vieilli, qui change complètement l'image du Batman de Burton et prépare la tombe dans laquelle la saga entière va s'enliser grâce au quatrième épisode Batman & Robin, jusqu'à ce que des courageux arrivent à redorer le blason avec Batman Begins.

    Au final, le seul point positif du film déjà dit plus haut : sa musique. Heureusement que t'es là, Goldenthal!

    Résumé détaillé du film

    BANDE-ANNONCE

    • NOTE DU FILM : 2/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 4/5

    Batman Forever
    © 2008