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    • Réalisé par Christopher Nolan
    • Avec Christian Bale, Katie Holmes, Michael Caine, Liam Neeson, Gary Oldman, Cilliam Murphy
    • Musique de Hans Zimmer & James Newton Howard 
    • Sortie française : 15 juin 2005

    On était en droit d'émettre quelques réserves à l'annonce de la mise en chantier d'un nouveau Batman. Joel Schumacher, à qui l'on doit le très très moyen Batman Forever et le désastre sans nom Batman & Robin s'était bien arrangé pour enfoncer le Chevalier Noir au fond du trou. C'était sans compter sur la vague super-héros-au-cinéma. En 2000, on avait droit à X-Men. En 2002, c'était Spider-Man. En 2003, Hulk! Et encore tout n'est pas évoqué (Les 4 Fantastiques, Spider-Man 2 et 3, X-Men 2 et 3, etc...). Mais ce sont là les héros MARVEL qui ont droit à leur heure de gloire. DC Comics, l'autre éditeur des super héros tels que Superman et Batman, a déjà eu sa part du gâteau avec le Superman de Richard Donner en 1978 (sans compter ses trois autres suites) et les Batman (Burton et Schumacher entre 1989 et 1997). Mais quelle surprise de voir que DC Comics n'abandonne pas la course! En 2006 sortira Superman Returns, de Bryan Singer (réalisateur des deux premiers X-Men, on ne change pas une équipe qui gagne!), et en 2005 sort...BATMAN BEGINS!!

    Un jeune héritier, dont les parents ont été tués sous ses yeux quand il était enfant, jure de faire régner la justice et d'empêcher que des drames similaires au sien se reproduisent. Pour cela, il part dans les montagnes où il fait la connaissance d'un homme qui va lui apprendre les techniques de combat. A son retour, le jeune homme réalise son projet et naît alors Batman, le justicier.

    Projet secret élaboré par Christophen Nolan et David Goyer dans un garage(!), il fallait être couillu pour ressortir Batman de sa tombe. Warner, fidèle au poste, produit toujours le film. Mais il faut de suite mettre les pendules à l'heure et les points sur les -i- : Batman Begins n'est pas la suite de Batman & Robin ni un préambule au premier Batman de Tim Burton. C'est ni plus ni moins un remake. La saga (oui, on a confirmation, des suites sont prévues pour les années à venir) recommence, et sur des bases solides.

    Christopher Nolan, réalisateur assez doué à qui l'on doit le face-à-face mémorable entre Robin Williams et Al Pacino dans Insomnia, ne prétend nullement reprendre un des univers posés par les réalisateurs précédents. Il applique alors sa patte dans ce qui va plus devenir un drame qu'un film d'action. Si Tim Burton imposait sa marque de fabrique ténébreuse et tordue et si Joel Schumacher transformait Gotham City en boîte de nuit bourrée de néons multicolores, la même ville devient dans Batman Begins une grande métropole plus vraie que nature, empruntant à toutes les grandes villes actuelles telles que New York et Los Angeles. Noyau pourri du monde, nid à délinquants, cité du vice... Jamais la ville de Gotham City n'aura paru si vivante et crédible. A l'heure où la plupart des séries télévisées prennent le réalisme comme devise (24h Chrono, Boomtown, Les Experts), c'est au tour des figures emblèmatiques de plonger dans le monde réel. Ce n'est pas Spider-Man 2 (où Peter Parker est malmené durant tout le film) ou le dernier James Bond en date Casino Royale (avec un agent secret qui se fait torturer l'entrejambe) qui vont contredire cette nouvelle mode.

    Qui dit dépoussiérage dit aussi nouvelles têtes, et ce n'est pas un petit casting qu'on nous offre. Christian Bale (The Machinist, American Psycho) incarne un Bruce Wayne jeune et dynamique, assez crédible en soit mais dont on peut reprocher l'expression monofaciale faussement furieuse qui nuit à son interprétation en général. Michael Caine (un grand acteur britannique que l'on a souvent retrouvé dans des films de Sherlock Holmes) est le nouveau Alfred, après Michael Gough qui avait apparu dans les quatre Batman ; ses manières et son accent britanniques font de lui un majordome digne de ce nom. D'autres figures emblématiques font également leur apparition tels que Liam Neeson (La Liste de Schindler), Morgan Freeman (Seven), le méconnu Rutger Hauer (Sin City) ou encore le prometteur Cillian Murphy (28 jours plus tard), sans oublier Gary Oldman (Dracula), un Gordon plus vrai que nature! Le seul gros point noir du casting réside peut-être dans le personnage de Katie Holmes (Joey dans la série Dawson et nouvelle femme de Tom Cruise) qui tente désespérément d'éviter le rôle de la potiche de service qui se met dans des situations impossibles toutes les dix minutes, ce qui ne s'avère pas un franc succès, et il est dommage que ni elle si sa doublure française ne semble véritablement croire en son rôle (regardez le film en V.O., la pauvre jeune fille aurait mieux fait de rester dans ses séries télé).

    Enfin, Batman ne serait pas Batman s'il n'y avait pas de super méchants. Après le Joker (Jack Nicholson), le Pingouin (Danny DeVito), Catwoman (Michelle Pfeiffer), l'Homme-Mystère (Jim Carrey), Double-Face (Tommy Lee Jones), Poison Ivy (Uma Thurman) et Mister Freeze (Arnold Schwarzenegger), c'est au tour de l'Epouvantail et de Rah Az Gul de se dresser contre notre Homme Chauve-Souris. On n'aurait pas été contre un petit rappel de l'histoire assez intéressante de l'Epouvantail afin de nous faire comprendre le pourquoi du comment de ce méchant dont on ne comprend pas vraiment les motivations mais dont la complète ignorance sur son sujet ne fait que renforcer son rôle effrayant de directeur de l'asile d'Arkham.

    C'est là qu'on va pouvoir parler du scénario de Batman Begins. Bien sûr, ce n'est pas la super intrigue super étonnante mais l'histoire suit le même chemin que l'ambiance réaliste du film, ce qui n'est pas pour nous déplaire. On n'en dévoilera pas plus à ce sujet pour garder la surprise.

    Techniquement, le film est abouti, réaliste comme on pouvait s'y attendre. Les modélisations de la ville de Gotham sont époustouflantes de réalisme (oui, on a bien compris que le film est réaliste!) et les effets visuels ont ce mérite de ne pas être trop voyants. Seules les scènes d'action sont un peu confuses, ce qui peut être vu comme le désir de subjectivité de suivre les combats d'un point de vue intérieur, de ne pas abandonner le spectateur au simple rôle de témoin mais d'acteur...Bref! En scène d'anthologie, on gardera en mémoire la poursuite en Batmobile, sorte de tank industriel. Puisqu'on y vient, il est temps aussi de revenir au look de Batman. Qui dit Begins dit début (vive le dico!), et qui dit également dépoussiérage dit aussi lifting de première! Le masque de Batman fait cette fois réellement peur. Il suffit de voir la place donnée aux yeux : cer derniers apparaissent cruels et sans pitié, comme ceux d'une bête féroce, ce qui, avec du recul, est un avantage non négligeable pour Batman mais aussi pour l'impression qu'il va donner aux spectateurs. De même que le logo de la silhouette cartoonesque de chauve-souris noire sur fond jaune canari laisse place à une chauve-souris en métal presque rouillé, à la forme plus effrayante. Le dernier point sera...la voix de Batman. "Intimide tes ennemis" est-il dit dans le film, et à la fin "Tu as pris mon conseil sur la mise en scène un peu trop au sérieux". C'est certain. D'où vient l'idée de doter Batman d'une voix de gros fumeur? Si en V.O., ça ressort bien (Christian Bale a une voix naturellement grave), on a l'impression en V.F. d'assister à une série Z. Ce défaut peut cependant être pris en considération, car il ne nuit pas à la qualité générale du film.

    Au final, Batman Begins relance brillamment la franchise. Nouvelles têtes, nouvelle ambiance...Et pas de surprise à l'annonce d'une suite (que l'on devinait déjà annoncée avec le clin d'oeil à la fin du film) qui mettra en scène le Joker et Harvey Dent, le futur Double-Face, ce qui prouve bel et bien que l'on a affaire ni à une suite ni à un préambule mais bien à un remake, au début d'une nouvelle saga qui s'annonce sous les meilleurs auspices.

    BANDE-ANNONCE

    • NOTE DU FILM : 4/5
    • NOTE DE LA MUSIQUE : 1.5/5

    Batman Begins
    © 2008