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    • Réalisé par Paul Verhoeven
    • Avec Sharon Stone, Michael Douglas, Jeanne Tripplehorn
    • Musique de Jerry Goldsmith
    • Sortie française : 1991

    Une ex-star du rock est sauvagement assassinée à coups de pic à glace. Chargé de l'enquête, Nick Curran, flic alcoolo, cocaïnomane et ripou, commence son travail en interrogeant la petite amie de la victime, la séduisante Catherine Tramell, une riche héritière auteur de romans, dont un qui relate le crime dans des conditions quasi-similaires...

     

    Basic Instinct marque la consécration du réalisateur hollandais Paul Verhoeven. C'est aussi l'occasion de révéler la magnifique Sharon Stone au grand public ainsi que de pousser une nouvelle fois l'acteur Michael Douglas entre les griffes d'une autre femme fatale après Glenn Close et Demi Moore.

    La collaboration Verhoeven/Douglas est à ce titre particulièrement savoureuse. On connaît les penchants de Paul Verhoeven quand au sexe et à la violence (les "basiques instincts", si vous me passez l'expression) et certainement peu d'acteurs peuvent illustrer l'anti-héros chez Verhoeven. Michael Douglas fait partie de ses acteurs, au même titre que Kevin Bacon (que l'on retrouvera dans Hollow Man, un autre film du cinéaste hollandais). 

    L'anti-héros verhoevenien est donc un personnage vicieux, froid, macho et orgueilleux. En bref, le vrai connard qui a généralement un certain pouvoir et, pire que tout, sait remarquablement bien s'en servir pour ses intérêts propres.

    Dans le cas de Basinc Instinct, ce connard est mis en échec par, un comble pour lui, une femme, la divine Catherine Tramell, qui le provoque à maintes reprises sur divers terrains. L'exemple le plus percutant étant une poursuite en voiture qui, on s'en doute, demeurera un défaite cuisante pour le détective Curran.

    On pourra également citer un autre exemple, mais ce dernier nécessitera de faire le point sur un aspect particulier de Basic Instinct, à savoir ses scènes sulfureuses. Ceux qui ne voient en Basic Instinct un banal thriller érotique ne cernent pas l'intérêt du film, à l'image de ceux qui ne voient en Starship Troopers qu'un jeu vidéo transposé à l'écran. 

    Certes, dans les deux cas, on prend son pied. Mais si le papier-cadeau est doré, il n'en est pas de même pour son contenu. La dimension de Basic Instinct, quant à elle, sera sûrement plus difficile à cerner que celle de Starship Troopers dans lequel on pouvait relativement facilement déceler un message politique.

    Mais alors où est le sens caché de Basic Instinct? Une interrogation en faisant intervenir une autre, peut-elle réellement parler de sens caché? A vous de l'apprécier. Le point qui s'apprête à être évoqué a déjà été mentionné plus haut dans le texte : l'éternelle confrontation entre les sexes (oui, bon... encore le sexe).

    Car Catherine Tramell évoque une femme forte, intelligente, manipulatrice. Elle marche constamment sur le fil du rasoir, n'hésitant pas à briser la glace, au sens propre comme au sens figuré, jouant ainsi avec les nerfs de Nick Curran, lui aussi le plus souvent le cul entre deux chaises. Mais Catherine saute volontairement à cloche-pied au bord du gouffre alors que Nick y est forcé. De plus, Catherine s'en sort mieux que Nick, ce dernier étant suspendu alors que les soupçons sur cette dernière sont presque comme effacés.

    Dire que Basic Instinct est un film féministe serait un peu fort mais force est de constater que plus que jamais l'homme et la femme s'affrontent ici à armes égales et qu'aucun des deux n'est meilleur que l'autre. Catherine Tramell s'ancre par ailleurs comme un des personnages fictifs les plus fascinants des années 90 en tête avec Hannibal Lecter. Ce n'est pas rien.

     

     

    Basic Instinct
    © 2008