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Pour pouvoir épouser la belle princesse grecque Irina convoitée par Brutus, le fils de César, le Gaulois Alafolix doit gagner les jeux olympiques. Il demande l'aide d'Astérix, d'Obélix et de Panoramix qui l'accompagnent à Olympie où se déroule la compétition... Le projet Astérix 3 a souvent fait l'objet de controverses. Il faut dire que succéder au délirant Mission Cléôpatre de Alain Chabat n'est pas chose facile et il était prévu d'adapter pour le troisième film l'album Astérix en Hispanie, la réalisation étant confiée à Gérard Jugnot. Mais Uderzo, jugeant Mission Cléôpatre peu fidèle à l'oeuvre d'origine, refuse que le long-métrage prenne corps. Il semblerait cependant qu'à l'heure où nous parlons, le dessinateur du célèbre Gaulois ait changé d'avis. Le 30ème jour du mois de janvier de l'an 2008 sort simultanément dans un grand nombre de pays européens Astérix aux Jeux OIympiques. Les bandes-annonces, affiches promotionnelles et autres extraits circulant depuis déjà plus de six mois, on pouvait d'ores et déjà prévoir le résultat de ce troisième long-métrage : gags éculés, Benoît Poelvoorde qui fait du Brutus Poelvoorde, Alain Delon en César Delon, effets spéciaux peu convaincants, des apparitions de grands sportifs m'as-tu-vu sans grand intérêt... Quel que soit le nombre d'entrées que cette superproduction fera (78 millions d'€uros pour ça, excusez du peu), cela n'a pas empêché la presse d'être assassine. On le répète : succéder au deuxième épisode quasi-monument comique est difficile mais il faut avouer que Astérix 3 ne fait pas non plus grand chose pour se sauver. Commençons tout d'abord à énumérer la seule qualité du film. Et encore! tout est relatif : l'aspect visuel. Y a pas à dire : les 78 millions y sont passés. Somptueuses fresque numériques (pour un film français), photographie chaleureuse, réalisation dynamique, plans aériens de toute beauté... Mêmes les effets spéciaux s'intègrent plutôt bien à l'ensemble. Les costumes contribuent également à faire passer la pilule car c'est bien une adaptation de la bande dessinée inadaptable à laquelle nous avons affaire! Dans tous les cas, les personnages eux-mêmes ont bien le look BD, mention spéciale à Gérard Depardieu dont le Obélix est visuellement le plus réussi. Astérix aux Jeux Olympiques marque aussi un changement majeur dans le rôle "titre" : le départ de Christian Clavier au profit de Clovs Cornillac pour interpréter le petit teigneux au moustaches jaunes. Le résultat n'est pas génial, il faut le dire... Christian Clavier était quasi-insupportable dans Astérix et Obélix contre César mais il se rattrapait largement dans Mission Cléopâtre. Loin de critiquer Clovis Cornillac qui est un acteur plutôt prometteur, son rôle de Gaulois ne sera pas à marquer d'une pierre blanche tant il ne correspond pas à l'archétype du personnage. Le problème ne vient pas de la forme mais du fond. Rien à foutre que l'acteur se ballade avec un pantalon complètement défroqué parce que, dans la BD, les jambes d'Astérix ne sont jamais droites! Il paraîtrait même que le duo Cornillac/Depardieu est plus tendre que celui Clavier/Depardieu. Personnellement, je ne vois pas où ni quand. Le duo Clavier/Depardieu, s'il était contestable dans le premier film, était très convaincant dans le deuxième : la complicité était présente et surtout on sentait que les deux personnages avaient vécu des choses ensembles! Avec Cornillac, on dirait que Astérix et Obélix viennent à peine de se rencontrer tant le duo est dénué de vie et semble figé. Un autre élément qui n'est pas très évident à prendre en compte est évidemment l'âge : avoir un Obélix qui semble avoir bien vécu face à un Astérix qu'on dirait à peine sorti de l'adolescence, ce n'est pas très crédible (un autre point positif pour Clavier qui a sensiblement l'âge de Depardieu). Mais passons... Bien que le film s'institule Astérix, ce n'est pas Astérix qui est au centre de l'histoire. Là où Jamel Debbouze et une pléiade de comiques étaient les stars de Mission Cléopâtre, il s'agit ici de mettre en avant d'autres comédiens pour jouer les grands huits. La star du film dans le cas présent est Benoît Poelvoorde (Brutus), secondé par Alain Delon (César). Ce duo fonctionne relativement bien... Il faut bien sûr apprécier ce duo inattendu qui réserve quelques sourires mais jamais le bon gros éclat de rire communicatif. On notera ensuite d'autres personnalités plus secondaires tels que José Garcia (qui ne sert à rien), Elie Semoun (qui fait du Semoun) et Franck Dubosc (qui fai du Dubosc). Nous avons aussi le Québécois Stéphan Rousseau dans le rôle de Alafolix (plus transparent tu meurs) ainsi que la ravissante Vanessa Hessler (Alice pour les intimes, vous savez, la fille qui rend transparent tout ce qu'elle touche dans la pub) qui campe une princesse sublime quoiqu'un peu téléphonée et surtout perdue dans ce spectacle d'un niveau aussi élevé qu'une fourmi quand elle lève les bras... Enfin, notons le regretté Jean-Pierre Cassel dans le rôle de Panoramix, rôle d'ailleurs très très sous-exploité, ce qui est sûrement dû au décès brutal de l'acteur (les scènes du druide ont alors été réduites). Il s'agit aussi d'aborder le scénario qui respecte en tout et pour tout...10% de la BD de laquelle il est tiré. Un histoire donc très libre pas très haute qui s'éloigne du support d'origine sans réellement chercher à innover là où Mission Cléopâtre se servait fidèlement de la BD comme toile de fond pour rajouter le sel que l'on connaît. On notera deux moments sympathiques : celui où Obélix aide Alafolix à rejoindre la princesse Irina (référence à Cyrano) et éventuellement la course de chars (parce qu'elle est quand même bien foutue même si elle est très très conne, et qu'en plus ça fait penser à Ben-Hur). A ce titre, où sont les références?!! Mission Cléopâtre était un nid de références, de parodies, d'autodérision! Certes, l'humour était franchouillard (pour ne pas dire Canal +) mais le plaisir était là! Les Jeux Olympiques sert à la place un humour de bas étage, à peine digne de faire rire les moins de dix ans! Les répliques sont d'un niveau consternant et on se demande vraiment si le film aura son succès en Europe (même si l'étudiante étrangère avec qui j'ai vu le film a bien aimé le spectacle). Car pour info, Astérix aux Jeux Olympiques n'est pas un film français. C'est un film européen car il est sorti dans de nombreuses salles européennes! Pas étonnant que l'un des réalisateurs du film soit aussi le producteur. Donc un seul mot d'ordre que je censurerai par des symboles pour ne pas choquer les plus jeunes : €€€€€. Terminons là notre critique. Est-on réellement surpris de la qualité de ce spectacle? Non. Les bandes-annonces avaient déjà fait le travail. Seules les trois dernières minutes seront réellement dignes d'intérêt mais il faut dire qu'elles sont aussi terriblement "tiens, regarde, ô spectateur : on a de l'argent et on l'utilise pour toâââ" : Jamel Debbouze le retour, Zinedine Zidane, Tony Parker, Amélie Mauresmo... Les sportifs font vraiment une apparition syndicale (quelle blague : Amélie Mauresmo pour...30 secondes à l'écran!) à l'exception de Michael Schumacher en conducteur de char (car il a le mérite de servir l'histoire). Bref, Astérix aux Jeux Olympiques n'est pas super. Il n'est pas nul car il y a quand même quelques (petites) qualités et que ce divertissement remplit sa fonction de changer les idées mais on ne peut s'empêcher de se dire à la fin : "tout ça pour ça?" car ça ne vaut clairement pas 78 millions d'€uros! NOTE DU FILM : 2/5
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| Astérix aux Jeux Olympiques |
| © 2008 |